Le Château des Sardines - Les villas de Larmor-Plage - A4

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Le Château des Sardines - Les villas de Larmor-Plage

Caractéristiques de l'œuvre :

  • Tirage au format A4.
  • Imprimé en Bretagne.
  • Dessin original © Marguerite Lecointre, à la plume et à l'encre.

Un peu d'histoire - Kernével, Larmor-Plage

Tout commence avec l'industrie sardinière. Au début du XIXe siècle, Augustin Gillet fait construire sa maison et une conserverie sur la pointe du Kernével. Un site stratégique face à Lorient, bientôt repris par un homme ambitieux. 

Auguste Ouizille, important industriel lorientais, devient propriétaire de l'ensemble à la mort d'Augustin Gillet en 1858, et y habite jusqu'à sa mort en 1881. Sa fortune est bâtie sur la sardine. Et la légende, tenace, dit qu'il aurait fait construire une villa pour chacune de ses trois filles. Cette histoire est fausse — mais elle est belle, et elle a traversé le temps.

La réalité n'est guère moins romanesque : la construction des trois villas Kerozen (1850), Margaret (1896) et Kerlilon (1899) marque, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la transformation en zone résidentielle d'un site jusqu'alors voué à l'activité industrielle et maritime. Elle inscrit dans la pierre la réussite des armateurs de la pêche à la sardine, présidents de la Chambre de Commerce de Lorient.

Puis vient la guerre. À l'automne 1940, les Allemands réquisitionnent les trois villas. Karl Dönitz s'installe dans la plus imposante, Kerlilon, qu'il choisit pour son style architectural Grand Siècle. Avec plus d'une vingtaine de pièces, dont une dizaine de chambres réparties sur trois étages, l'endroit est parfait pour l'organisation de réceptions prestigieuses. De là, Dönitz dirige la bataille de l'Atlantique.

L'après-guerre signe la fin d'une époque. Dans l'esprit des descendants de la famille Ouizille, le "Château des Sardines" n'est plus celui bâti par leurs aïeuls, tant il a été défiguré par les hommes de Karl Dönitz. En 1956, ils le cèdent à la Marine française.

Aujourd'hui, une passerelle en bois permet aux piétons de passer du terre-plein du vieux port à celui du port de plaisance en longeant les enceintes des trois villas — comme pour longer discrètement un siècle et demi d'histoire.